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Pension alimentaire : quand 4 intelligences artificielles donnent 4 réponses très différentes

Pour mesurer à quel point le calcul de la pension alimentaire est subjectif, nous avons posé exactement la même question à quatre intelligences artificielles généralistes : ChatGPT, Gemini, Grok et Claude.

👉 La consigne était volontairement large et libre :

  • inventer leur propre méthode,
  • sans barème officiel,
  • en tenant compte des revenus, du reste à vivre, de l’âge des enfants et du mode de garde,
  • et expliquer leur raisonnement.

Les données étaient identiques pour toutes :

  • Père : 4 500 € net après impôts
  • Mère : 2 500 € net après impôts
  • 4 situations familiales différentes (garde alternée, classique, exclusive).

Le résultat est frappant : à situation identique, les montants proposés varient du simple au quadruple.


📊 Tableau de synthèse – pensions proposées par chaque IA

IACas 1Cas 2Cas 3Cas 4
1 enfant (12 ans) – garde alternée2 enfants (3 & 7 ans) – garde alternée2 enfants (7 & 12 ans) – garde classique chez la mère2 enfants (12 & 15 ans) – garde exclusive chez la mère
ChatGPT100 €160 €830 €950 €
Gemini320 €550 €950 €1 250 €
Grok84 €154 €408 €998 €
Claude75 €130 €350 €620 €

👉 Ce tableau résume à lui seul une réalité juridique souvent mal comprise : il n’existe pas une pension alimentaire “juste”, mais plusieurs raisonnements possibles.


🟦 Méthode ChatGPT – L’équilibre économique sans brutalité

La méthode de ChatGPT repose sur une idée simple : la pension alimentaire n’est pas une sanction, mais un outil de rééquilibrage économique entre deux foyers.

Elle commence par comparer les revenus des parents pour déterminer une clé de contribution (ici environ 64 % pour le père, 36 % pour la mère). Cette clé sert de base à tout le raisonnement.

Ensuite, ChatGPT estime le coût mensuel des enfants, modulé selon leur âge. Ces montants restent volontairement raisonnables : ils doivent refléter la réalité sans chercher à maximiser la pension.

Le mode de garde joue un rôle central :

  • En garde alternée, chaque parent assume déjà environ la moitié des frais. La pension sert uniquement à corriger l’écart entre ce que chacun devrait payer théoriquement et ce qu’il paie réellement.
  • En garde classique ou exclusive, la pension correspond à la part contributive du parent non gardien.

Enfin, ChatGPT introduit un élément clé : le reste à vivre. Un seuil de sécurité élevé est fixé pour chaque parent, afin que la pension ne crée ni précarité ni ressentiment.

👉 Résultat : des montants modérés, lisibles et défendables, souvent proches de ce que recherchent les juges lorsqu’ils privilégient l’équilibre plutôt que la contrainte.


🟩 Méthode Gemini – L’égalisation du niveau de vie

Gemini adopte une approche beaucoup plus redistributive. Son objectif principal n’est pas seulement de couvrir les frais des enfants, mais de réduire fortement l’écart de niveau de vie entre les deux foyers.

La méthode commence par estimer un reste à vivre théorique, après déduction d’un forfait de charges fixes. Le surplus disponible devient la base du calcul.

Gemini applique ensuite des coûts d’enfants élevés, surtout pour les adolescents, considérant que leur budget réel est souvent sous-estimé.

En garde alternée, Gemini estime que les frais ne sont jamais réellement partagés à parts égales (vêtements, inscriptions, activités). La pension sert donc à transférer une partie du confort financier du parent le plus aisé vers l’autre foyer.

En garde classique ou exclusive, Gemini ajoute une notion de charge logistique et de perte d’opportunité professionnelle pour le parent gardien.

👉 Résultat : des pensions élevées, parfois proches des plafonds observés en pratique, mais cohérentes avec une logique de protection forte du parent gardien et du niveau de vie des enfants.


🟨 Méthode Grok – Le calcul rationnel contributif

Grok propose une méthode très mathématique, presque algorithmique.

Elle repose sur des coûts standardisés par tranche d’âge, auxquels s’ajoutent des ajustements (bonus pour plusieurs enfants, majoration pour jeunes enfants ou adolescents).

La contribution de chaque parent est strictement proportionnelle à ses revenus. Le mode de garde est traité de manière mécanique :

  • partage 50/50 en alternée,
  • déduction des frais “en nature” en garde classique,
  • contribution majorée mais plafonnée en garde exclusive.

Un reste à vivre minimal est vérifié, mais il reste relativement bas, laissant la priorité au calcul rationnel.

👉 Résultat : des montants cohérents, justifiés et reproductibles, mais parfois perçus comme froids ou éloignés de la réalité émotionnelle des familles.


🟥 Méthode Claude – Le minimum équitable sécurisé

Claude adopte l’approche la plus prudente.

Elle commence par fixer un reste à vivre minimal incompressible pour chaque adulte. Seule la part des revenus dépassant ce seuil est utilisée pour calculer la pension, ce qui réduit mécaniquement les montants.

Les coûts des enfants sont volontairement modérés. Le calcul repose sur la capacité contributive réelle, et non sur le revenu brut.

Le mode de garde est traité sans sur-majoration :

  • ajustement léger en alternée,
  • déduction précise des frais en garde classique,
  • contribution simple en garde exclusive.

👉 Résultat : des pensions contenues et juridiquement sécurisantes, proches des montants planchers observés dans certaines décisions, mais parfois jugées insuffisantes par le parent gardien.


🧠 Conclusion essentielle

Cette expérience montre une chose fondamentale :

À situation strictement identique, il n’existe pas un seul “bon” montant de pension alimentaire.

Chaque méthode raconte une histoire différente :

  • équilibre,
  • protection,
  • rationalité,
  • prudence.

👉 C’est exactement ce qui se passe dans la vraie vie, devant les juges.

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