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Soulte avec indemnité d’occupation intégrée

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orsqu’un couple se sépare et qu’un des deux souhaite conserver le logement commun, la question de la soulte arrive très vite sur la table.
Et presque toujours, le raisonnement s’arrête trop tôt.

On calcule une valeur, on enlève le crédit, on divise par deux.
Puis on s’étonne que les discussions bloquent, que le notaire tiqe, ou que l’un des deux ait l’impression d’y perdre.

Dans la vraie vie, surtout après une séparation, un élément essentiel est souvent mis de côté :
👉 l’indemnité d’occupation.

C’est précisément là que se créent les déséquilibres invisibles. Et c’est aussi là que le calcul de la soulte peut devenir enfin juste, à condition d’intégrer les choses dans le bon ordre.


1. Soulte et indemnité d’occupation : deux notions liées, mais trop souvent séparées

1.1 La soulte : une compensation patrimoniale

La soulte est la somme versée par un ex-conjoint à l’autre lorsqu’il rachète sa part d’un bien immobilier détenu en commun.

Elle vise à compenser :

  • la perte de propriété,
  • la sortie de l’indivision,
  • et le rééquilibrage du patrimoine.

Dans sa version la plus simple :

Soulte brute = (valeur du bien – capital restant dû) × quote-part

Ce calcul est techniquement correct, mais souvent incomplet.


1.2 L’indemnité d’occupation : le droit d’usage exclusif

L’indemnité d’occupation correspond au fait qu’un seul des deux ex-conjoints utilise le logement, alors que celui-ci appartient encore aux deux.

Autrement dit :

un bien commun, un usage privé.

Elle repose sur l’article 815-9 du Code civil et vise à éviter un enrichissement sans contrepartie.

Dans la pratique :

  • elle est rarement payée mensuellement,
  • mais très souvent intégrée au moment du calcul de la soulte.

Et c’est là que tout se joue.


2. Pourquoi ne pas intégrer l’indemnité fausse le calcul de la soulte

Ignorer l’indemnité d’occupation, c’est créer un décalage silencieux.

Concrètement :

  • un conjoint bénéficie du logement,
  • l’autre supporte l’attente,
  • sans compensation réelle.

Sur quelques mois, l’effet est limité.
Sur 18, 24 ou 36 mois, l’écart devient significatif.

Dans de nombreux dossiers, on observe :

  • 8 000 €
  • 12 000 €
  • parfois plus de 20 000 € d’avantage non intégré

Et ensuite, on s’étonne que l’accord paraisse “déséquilibré”.


3. Comment calculer une indemnité d’occupation de façon réaliste

3.1 La valeur locative retenue

On ne retient presque jamais le loyer “plein marché”.
En pratique, la base utilisée est souvent comprise entre 70 % et 90 % de la valeur locative réelle.

Exemple :

  • Loyer de marché estimé : 1 400 €
  • Base prudente retenue : 1 150 €

Ce choix permet :

  • d’éviter la surévaluation,
  • de rester acceptable en amiable,
  • de limiter le risque de contestation.

3.2 La part réellement due

L’indemnité correspond uniquement à la part de l’autre conjoint.

En indivision 50/50 :

  • indemnité due = 50 % du montant retenu

Soit :

  • 1 150 € × 50 % = 575 € / mois

3.3 La durée d’occupation

C’est le point le plus sensible.

La durée retenue correspond en général :

  • à la date de séparation effective,
  • jusqu’à la date de rachat ou de vente.

Même en divorce amiable, cette durée est rarement nulle.


4. Exemple chiffré complet : soulte avec indemnité intégrée

Situation

  • Maison achetée en commun
  • Séparation début 2023
  • Un conjoint quitte le logement
  • L’autre y reste pendant la procédure

Données patrimoniales

ÉlémentMontant
Valeur du bien340 000 €
Capital restant dû140 000 €
Valeur nette200 000 €
Quote-part50 / 50
Soulte brute100 000 €

Indemnité d’occupation

DonnéeValeur
Valeur locative estimée1 300 €
Base retenue1 100 €
Part due50 %
Indemnité mensuelle550 €
Durée20 mois

👉 Indemnité totale :
550 € × 20 = 11 000 €


Soulte ajustée

CalculMontant
Soulte brute100 000 €
Indemnité d’occupation– 11 000 €
Soulte finale89 000 €

Sans intégration, l’écart aurait été invisible.
Avec intégration, l’équilibre est plus clair. Et souvent mieux accepté.


5. Crédit immobilier et indemnité : une confusion très fréquente

Beaucoup de personnes pensent :

“Je paie le crédit, donc je ne dois pas d’indemnité.”

Dans les faits :

  • le crédit rembourse la banque,
  • l’indemnité compense l’usage exclusif.

Les deux notions ne s’annulent pas automatiquement.

En revanche, elles peuvent :

  • être compensées partiellement,
  • faire l’objet d’un ajustement global,
  • être intégrées dans un calcul de soulte cohérent.

C’est exactement ce que permet un simulateur de soulte bien conçu.

👉 Accéder au simulateur de soulte :
https://pensioneo.fr/simulateur-soulte/


6. Tableau comparatif : soulte avec ou sans indemnité

MéthodeMontant verséLecture
Soulte classique100 000 €déséquilibre latent
Soulte intégrée89 000 €plus équitable
Soulte négociée~92 000 €compromis fréquent

7. Cas particuliers courants

7.1 Occupation avec enfants

Lorsque les enfants résident dans le logement :

  • l’indemnité est souvent réduite,
  • parfois suspendue temporairement,
  • mais rarement ignorée totalement sur la durée.

7.2 Divorce amiable

En amiable, tout est possible… mais pas n’importe comment.

Un accord trop déséquilibré peut :

  • être refusé lors de l’acte,
  • poser problème plus tard,
  • créer un ressentiment durable.

7.3 Divorce contentieux

En contentieux, l’indemnité peut :

  • être fixée par le juge,
  • être rétroactive,
  • être intégrée dans la liquidation finale.

Mieux vaut donc anticiper, même en amiable.


8. Soulte, pension et prestation : raisonner globalement

Très souvent, les arbitrages se font entre postes.

Par exemple :

  • une indemnité d’occupation plus faible,
  • contre une pension alimentaire ajustée,
  • ou une prestation compensatoire réduite.

👉 Il est alors utile de simuler les équilibres globaux :

Ce raisonnement transversal évite les décisions isolées… et regrettées.


9. Ce que regardent vraiment les notaires

Dans les faits, les notaires sont attentifs à :

  • la cohérence globale,
  • la durée réelle d’occupation,
  • l’absence d’avantage excessif,
  • la clarté du calcul.

Un calcul expliqué, chiffré, logique passe beaucoup mieux qu’un chiffre “posé”.


10. Méthode recommandée (résumé opérationnel)

  1. Calculer la soulte brute
  2. Estimer la valeur locative de façon prudente
  3. Déterminer la durée d’occupation réelle
  4. Appliquer la quote-part exacte
  5. Intégrer l’indemnité dans la soulte
  6. Vérifier l’équilibre avec pension et prestation

Conclusion : une soulte juste est une soulte complète

Une soulte calculée sans indemnité d’occupation est rarement neutre.
Elle peut paraître simple, mais elle masque souvent un déséquilibre.

À l’inverse, intégrer l’indemnité permet :

  • de solder proprement la période transitoire,
  • d’éviter les non-dits,
  • de sécuriser l’accord,
  • et de repartir sur des bases claires.

C’est précisément l’objectif de Pensioneo :
👉 mettre des chiffres là où, trop souvent, il n’y a que des tensions.


Accès direct aux simulateurs utiles

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